Marion's profileLe repère de la crevette...PhotosBlogListsMore Tools Help

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    31 March

    Moody Moon

    Moody Moon

     

    La lune a mal. Alors je lui fais des points de suture. Doucement, entre ses cratères, pour ne pas la blesser. Elle halète, je sens son souffle. Elle se replie, se décroissante. Je ne veux pas qu’elle soit nouvelle, ni pleine d’ailleurs, juste qu’elle soit là; que je sente l’amertume céleste d’un de ses quartiers. D’eau-rang- je. Elle se fond dans l’obscurité sidérale, se cache, réapparaît. Elle a le vertige maintenant, tourne, vacille. Elle cherche un appui. Je suis là. « Je ne pourrai jamais te porter, tu sais. » Mais je peux toujours l’allonger sur cette nappe étoilée. La soigner. Lui faire voir au milieu de quelles merveilles elle se trouve. Elle se sent toute petite, rassurée, elle contemple, sage, tout ce dont elle avait toujours été maîtresse sans jamais le savoir... Je la caresse, je m’enfonce proprement dans sa douce et molle enveloppe stellaire. Sa chair est moite. Je ne sais quel mal l’anime. Elle souffre, souffle, soupir. Elle se relève, étincelle, m’aveugle, sa cavité fait résonner un rire hystérique et macabre, elle a soudain cessé d’être sage. A tout hasard, je lance, apeurée, un « Joues-tu avec moi ? », qui se perd malencontreusement dans l’univers. L’écho de son silence me brise à présent les tympans. Elle bondit sauvagement sur moi, dévore mes membres, griffe mon être tout entier, plante ses collines dans ma gorge, m’arrache honteusement les yeux des orbites. Je suis sourde, muette, aveugle. La Lune m’a réduite au néant planétaire.

     

    J’émerge enfin de mon délire cosmique. J’atterris là, allongée sur un lit de gazon rassurant, les yeux enivrés d’espace. Les mèches de ma chevelure se mêlent aux brins d’herbe frais...

    Mi -nuit d’été-.

     

    Shrimpy, 31/03/07

     

     

    14 March

    Nouvelle aristocratique en quatre actes

     
     
     
    I. Un château sombre et vétuste, un soir...
     
    "Diamants, rubis, topazes, et blanches robes longues."
     
     
    II. Une danseuse à elle-même, dans un long couloir...
     
    "Cet homme, je te le laisse, ivre d'herbe et de ténèbre..."
     
     
    III. Son amant, déchu, vide, dans le jardin...
     
    "Mais ce n'est pas tant cette fille qui me plaît tant. C'est le mystère qui est dedans, le mystère dedans."
     
     
    IV. Ouverture finale, le même homme, mort à présent, tristement mort, dans le même château, lugubre à souhait, noyé de champagne...
     
    "A l'heure où l'on m'écrase,
    Le temps n'est plus qu'un astre.
    Dommage pour la fille
    De ce château.
    Car je crois qu'elle aimait bien l'amour
    Que l'on faisait tranquille
    Loin du château..."

     
     
     
    Shrimpy, 03/07 (Le mystère, Le Bal des Laze et l'affiche du C.D.I remaniés)