Marion's profileLe repère de la crevette...PhotosBlogListsMore Tools Help

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    27 January

    Réflexion philosophique du soir

    « De nos jours, il n’y a plus de respect pour quoique ce soit... C’est ça qu’est malheureux.... »

     

    Dixit une vieille à un arrêt de bus, un 20 Janvier 2006 à 17h20.

     

    Bon, alors c’est pas que je veuille blâmer nos gentils seniors français mais j’ai déjà remarqué que ce discours était bien souvent tenu par une gente plutôt âgée... Mais qu’est-ce qui les amène donc à dire une chose aussi simpliste, aussi généralisée ? Faut pas se voiler la face, « ceux qui ne respectent plus rien aujourd’hui » fait bien référence aux JEUNES  –non, je ne suis pas parano et ai longtemps réfléchi avant une interprétation aussi crue-. Les jeunes qui polluent, qui salissent le traditionnalisme, qui se dressent contre la société, qui pervertissent l’éducation. C’est sûr, c’est certain, y a toujours des loosers qui soit disant se « rebellent contre la société qui est pourrie », qui prétendent discourir sur la géopolitique actuelle, alors que ce ne sont que de pauvres manichéens qui n’ont jamais regardé un 20h de leur vie pour se tenir au courant des événements... or, ceux là, c’est jamais qu’une minorité (du moins, y a de tout chez tout le monde...)

     

    Mais les vieux dont je veux parler– et puisqu’il faut peser le pour et le contre je précise que je ne fais pas de généralités : je parle des vieux ronchons nostalgiques de l’ancien régime et déchaînés contre tout et rien, pas du papy rocky sympa de l’immeuble d’en face, qui se fait néanmoins de plus en plus rare – bah ils m’exaspèrent tout simplement. Ils m’irritent parce que ,la plupart du temps, il s’agit justement de personnes qui n’ont aucune expérience (ou alors de sales références) et qui se permettent de juger et généraliser horriblement, exactement de la MÊME manière que le font ceux qu’ils critiquent... Raisonnement faussé, donc. Ca ressemble bizarrement à une maxime (de mauvais goût) que quelqu’un de borné apprendrait par cœur afin de la placer pertinemment à chaque blanc de la conversation, dès qu’il sentirait naître en lui un élan soudain de pessimisme. Et alors, là, soit la victime d’en face partage son point de vue sans avoir besoin de réfléchir –c’est alors qu’elle a elle-même intelligemment fait de la critique infondée son parfait hobby-, soit –et c’est là tout l’enjeu- elle essaye habilement de lui expliquer son erreur mais sans succès car l’arme corruptrice de l’argumentation est strictement étrangère à notre cher agitateur. Dommage.

     

    C’est d’autant plus lamentable que c’est un discours auquel on a affaire à tous coins de rues, que l’on peut attraper dans toutes les bouches édentées... Qui n’a jamais entendu les éternelles plaintes de la commère aigrie sur les adolescents d’aujourd’hui, le perpétuel maux de la société ?! Et ce qui me fait d’autant plus réagir à ce type de propos, c’est que la majeure partie du temps, ce serait bel et bien ce novice dévergondé et effronté tout droit sorti d'une journée de cours qui laisserait gentiment passer mémé à la caisse du Monoprix, et surtout pas le contraire –eh oui, car il se trouve que mémé est très pressée vu ses milles et une occupations de retraitée comblée : elle doit vite rentrer donner à manger à Minou et comater sur le canapé devant son émission préférée de Ruquier...-

     

    Au fond, je me demande si l’on doit en tenir grief aux personnes âgées. Si ça devient ronchon en vieillissant, c’est peut-être à cause d’une fatigue excessive ou au contraire d’un manque d’énergie envié aux jeunes. Quelquefois, c'est juste que râler est une nécessité, un désir à combler, comme chez d'autres jeunes qui ont besoin de faire chier les petits à la sortie du collège pour s'éclater. Mais d’un autre côté, qui sait si je ne ferai pas un jour moi aussi partie de cette population qui sombre dans l’oubli de sa jeunesse ? Bien que je n’adhère pas aujourd’hui aux valeurs de ces gens là, tout peut encore arriver... Alors je me demande finalement si c’est vraiment légitime de critiquer, même quand on a ses propres convictions. Evidemment, j’aurais pu choisir une autre connerie frappante (c’est pas l’inspiration qui manque...) mais il faut replacer ça dans le contexte. Je venais de sortir d’un cours d’histoire assommant où la prof nous avait décrit en long, en large et en travers, les souffrances immondes des soldats de la première guerre mondiale et de tous les civils qui resteront à jamais gravées... Alors, la ptite vieille avec son discours à la con, elle aurait pu tout dire d’exaspérant sauf ça : j'ai considéré à ce moment là et plus que jamais que ce n'est pas permis de se plaindre anonymement de la vie quand on sait que d’autres ont encore en mémoire des atrocités bien profondes. Et quand on critique en général, c’est que l’on est engagé et pas que l’on se résout à un simple « La vie, c’est pas bien ». Evidemment moi aussi après l’annonce flash « d’un naufrage d’un pétrolier en Atlantique, d’une série d’attentats en Iraq et de la mort d’un étudiant agressé par dix fois plus nombreux que lui » j’ai envie de dire que la vie est moche et que tout fout l’camp aujourd’hui. Mais je ne dis pas lâchement qu’une unique catégorie en est la cause....

     

    Merci à Mme X de l’arrêt du 304 et à Mme Y qui l’a approuvée, pour m’avoir valu cette inspiration fructueuse...

    Hommage tout de même à tous les vieux enfants sages qui ont su garder tolérance et joie de vivre malgré leurs rides... :)     

                                                                                                                                                               SHRIMPY, 01/07

     

     

    13 January

    In Praise of the "Why"...

     

    Je suis comme le glaçon, je fonds.

    Je suis comme la flamme, je brûle.

    Je suis comme la fleur, je pousse.

    Je suis comme le temps, j’avance.

    Je suis comme l’obstacle, je frêne.

    Je suis comme la pluie, je glisse.

    Je suis comme le songe, je m’évade.

    Je suis comme le papier, je me froisse.

    Je suis ça, ça et ça... Je me noie, je suffoque.

    Je me nourris de contradictions. Je suis Moi...

     

    SHRIMPY