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Le repère de la crevette masquéeou l'utopie d'occaz'...
August 15 Réflexion pseudo-philosophique # 2" Profite et vis les moments présents qui te sont offerts au meilleur. C'est précieux ces instants pour l'harmonie et l'épanouissement. Ne t'encombre pas l'esprit ailleurs... " me dit-elle.
C'est exactement ça. Et on en a conscience au fond. Ca résonne même dans ma tête comme un rappel à l'ordre familier. Mais alors, pourquoi je n'y arrive pas, pourquoi on n'y parvient pas systématiquement?
July 12 La Plume mouilléeQuand on est biens,
Notre Amour est une onde effrontée, un flot, Qui voyage sagement dans toute cette étendue humaine. Un flot qui chavire tendrement nos esprits, Ravive les espoirs que l’on avait, malgré nous, mis de côté. Quand la mer est houleuse, Que la tempête nous gagne promptement, On s’accroche alors aux rochers, On se cramponne aux voiles du navire qui nous porte, En attendant que l’écume vienne s’échouer sur les rives, Que les deux amoureux puissent sécher. On n’aime pas ces moments périlleux, On préfère les voyages calmes et sereins ; On se laisse étayer par les vaguelettes. Si tel est notre désir, notre envie, On sait que rien ne peut nous perturber, Qu’on est deux pour se consoler. Le sable vient nous chatouiller. Puis l’on s’endort doucement. Toi, ma Muse, la tête posée sur mes seins. Moi, la Plume, recroquevillée dans tes bras.
A toi...
Juillet 2008
Teinte Noire
…I need a brand-new Everything… …‘Cos saying I love you has nothing to do with meaning it… [Ce petit sentiment désagréablement passager qui fait que l’on doute.] La vie n’est pas délicate, je le sais. On est attristé de voir nos amis nous délaisser, de découvrir que l’on estime plus les autres que eux ne le font, que l’on donne sans cesse plus que ce que l’on reçoit, que l’on n’aura jamais le temps de tout découvrir, que notre indécision tend ardemment à être maladive, que l’amour a lui aussi une mauvaise fin, qu’on ne profitera pas assez. Justement parce que le futur n’est pas entre nos mains ; il ne l’a jamais été et il ne le sera jamais. Nos vies, leurs vies évoluent en même temps que le sens se perd... Plus que tout, les relations s’échappent comme de la poussière, que l’on essaierait, en vain, de conserver dans une cage obstruée. Ceux qui comptent le plus, et les autres satellites effacés, mais pour autant nécessaires. Tous ces gestes anodins mais douloureux, ces petits mots de travers, qui suffisent déjà à embraser les cendres incandescentes de notre Inquiétude. J’avais confiance. Exagère-t’on vraiment ? Se plaint-on trop ? Ou est-ce tout simplement se soumettre à notre propre nature ? Tout va (presque) bien, serait-ce alors que l'on se complaît à aller mal? Dans le fond, notre attitude ne déroge pas à la règle, chacun commet ses petits écarts de comportement. Et pourtant, il n’y a pas pire malheurs que les siens… Alors, dans ces moments là, ne faites pas la sourde oreille, écoutez-moi ; dans ces moments là, ne soyez pas volontairement aveugles ; regardez-moi droit dans les yeux ; dans ces moments là, ne me poussez pas avec indifférence, entourez-moi de vos bras…
[Bien triste de faire partie de cette fraternité humaine égoïste et dégénérée.]
-M-arion, mars 2008 (réactualisé par le contexte présent...) June 16 ¤La Sorcière¤
Je m’enfonce dans le berceau de l’Humanité. Les écailles tranchantes me lacèrent agréablement le corps. Ses ongles plus longs que jamais, plus vrais que nature, me caressent brutalement. Encore, la seconde, oppressante, semble éternité. Le sablier est étouffé par son propre gravier. La sorcière m’attrape, m’enflamme, m’époumone. Les fumées grisâtres de son chaudron forment une étrange danse, divine et lancinante à la fois, tout juste au dessus de ma tête. J'attise cette saveur douce-amère, étrangement familière. Le tissu me colle à la peau, la chair ouverte, les humeurs, les poils, le pus, se mêlent d’une manière écœurante. Un miroir me confronterait à la réalité : je suis indécemment repoussant… Un tas de débris, de poisons. J'écrase, je renie ma conscience. Mes angoisses n'ont pas leur place. Ma gorge n’est plus qu’un infâme gouffre, un chaos, d’où proviennent quelques derniers gémissements d’imploration. Elle m’a manipulée, détruit, pire, contraint à la métamorphose. Rien n’est simulé, tout est provoqué. La Pythie me domine, c’est un fait. Je suis prisonnier, torturé, malgré moi ; cette créature... Le velours n’est pas même assez luxueux pour l’habiller. Je ne ressortirai jamais. J’aperçois, au loin, les rives trop floues de l’Enfer. J’aimerais y ramper, gracieusement, comme le reptile au soleil. J’erre dans les abymes. J’abandonne. Je redeviens docile. Elle m’envoûte ; mes paupières se closent, les cils balayant doucement les dernières empreintes d’espoir. Elle m’a eu, la traîtresse! -Shrimpy, Mai 2008- May 13 TrajetDe ces trajets que l'on faits sans réfléchir.
On est guidés par un fil invisible, décousu parfois. La mémoire peut nous tromper mais ne nous délaisse jamais. Les dalles, la terre, le sable sont magiques. Le cliché du vent qui balaye les feuilles rousses, l'odeur mutine de l'air, les rayons oubliés, la saveur sauvage des branches de merisiers... On ne contemple même plus le paysage. On est persuadé de le connaître par coeur. Et pourtant, les chemins que l'on emprunte le plus souvent ont, eux aussi, cette chose de mystérieux. La sensation sans doute unique de ne pouvoir se perdre; dans le noir, sous le soleil de midi, en pleine averse. Avancer comme une tortue carapacée, lente, mais sûre d'elle, le temps de quelques pas.
-ShrimpY-
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